Historique - L'Ecole

Sous l’Ancien Régime, l’école dépend du pouvoir religieux dont le financement revient exclusivement aux familles. Ces « petites écoles » sont réservées aux garçons.

L’An II de la République (1794) la Convention vote un texte fondateur : l'enseignement sera laïc et gratuit.

Nous trouvons mention pour la première fois d’une école à Venon dans la préparation du budget de la commune en 1826 car il faut prévoir des crédits pour les « services ordinaires du culte paroissial, l’instruction primaire et le salaire des gardes-champêtres et forestiers ».

Au bas des délibérations, la mention « ne signaient pour ne sçavoir » est courante soulignant l’illettrisme de la population. Venon compte alors 300 habitants.

 

1834-1839 Première école à « La Ville »

En 1833, la loi Guizot organise l’enseignement élémentaire et la municipalité « considérant la nécessité de faire jouir les habitants de la commune le plus tôt possible des bienfaits inappréciables de l’instruction » se préoccupe d’une solution convenable au problème de l’école.

Jean-Pierre Bard de St Martin d’Uriage titulaire d’un brevet de capacité est présenté au conseil afin de remplir les fonctions d’instituteur primaire ; nous sommes en juin 1834.

Dans un premier temps la commune loue un bâtiment au Sieur Légier pour servir d'école, de maison commune et sans doute de logement pour l'instituteur ; mais en février 1839, soit 5 ans plus tard, elle achète une bâtisse à « la Ville », faisant office de « maison commune » et « maison d’école »

Si l'on ne connait pas l'emplacement de la maison Légier, le bâtiment acquis par la commune est l’ancienne partie du Menhir à la Ville.

La mairie et l’école utilisent les mêmes locaux et ce ne sera qu’après 1845 que la situation changera : un nouveau presbytère est construit et l’ancienne maison presbytérale sera affectée à l’école au rez-de-chaussée et au logement de l’instituteur et à la mairie au premier étage.

 

1845-1983 : école à « La Chappe »

En 1845 l’école change de quartier et de « la Ville » où elle a fonctionné plus de vingt ans, trouve son emplacement au cœur de « la Chappe » qui devient le centre du village : église, école et mairie sont regroupées sur une même place.

Jugée insalubre en 1876, l’agrandissement de la maison d’école se fait par l’achat d’un « bâtiment faisant corps ».

En 1877, une bibliothèque scolaire et publique voit le jour, avec en filigrane, l’imputation de la défaite de 1870 à la supériorité de l’adversaire en matière d’instruction.

Les lois Ferry de la fin du XIX siècle qui rendent l'école laïque, obligatoire et gratuite sont l'aboutissement d'un mouvement de démocratisation de l'école.

La laïcité est proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public. L’enseignement est obligatoire de 6 à 13 ans, les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires.

En plus des matières classiques, des travaux à l’aiguille et des cours de couture sont dispensés aux élèves par une tierce personne. 32 élèves sont scolarisés en 1884.

En 1884, le conseil municipal de Venon met en place une commission municipale scolaire.

En 1906, le conseil refuse la nomination d’une femme comme directrice d’école et en 1908 une pétition des pères de famille ayant des enfants à l’école de Venon adressée à l’inspecteur, demande le changement d’instituteur. Cette pétition est soutenue par le maire qui évoque la suspension de l’école pendant deux semaines sans avoir été prévenu.

 L’école se fera dans les mêmes locaux pendant… 100 ans

D’importants travaux seront effectués à plusieurs reprises : 1927, à l’occasion de l’électrification, 1941, transfert de la salle de classe à l’étage, dans la mairie pendant l’hiver. En 1948, l’attribution d’une subvention du ministère de l’Education Nationale permettra une ultime réhabilitation.

Les effectifs de l’école iront en diminuant à partir des années 1945. Ils reflètent en cela la situation démographique de la commune.

De 27 enfants scolarisés en 1955, ils ne seront plus que 7 en 1962. La commune compte alors 135 habitants.

 

Arrivée de l’eau potable

1966 est une année importante : l'eau arrive à Venon. Le développement des activités du bassin grenoblois et l'installation du campus universitaire rendent la commune attractive De nouveaux habitants arrivent : des familles jeunes et des enfants.

 

L’école s’agrandit

En 1969, création d’une seconde classe. Pour cela, un bâtiment préfabriqué sera installé sur la place de la mairie (actuel parking) pour abriter la classe des petits. Il sera transféré au Mollaret en 1984 pour servir de salle polyvalente, « le Préfa » bien connu des Venonais jusqu’en 2006.

1983 : une nouvelle école au Mollaret

Sous la pression de l’association des parents d’élèves, un terrain est trouvé pour la construction d’un groupe scolaire au lieu-dit le Mollaret. Ce sera une école innovante dans sa conception.

1989 : création d’une classe maternelle.

Avec 34 élèves en 1989, la fermeture de la deuxième classe est à l’ordre du jour. Le salut viendra d’une transformation d’un poste de classe de primaire en classe maternelle. En effet, sur les 34 élèves scolarisés à Venon, 17 ont moins de 6 ans. Un poste d’assistante maternelle est créé dans la foulée.

Le bâtiment de la cure reprend du service: deux appartements sont affectés aux deux instituteurs.

1990 : création d’une cantine.

1993 : ouverture d’une deuxième classe primaire, 24 enfants en section maternelle, 14 en CP CE, 14 en CM.

1995-1996 : 60 enfants sont scolarisés. Les locaux de l’ancienne école de la Chappe sont affectés à la cantine.

En 1998, création d’une quatrième classe

Venon compte 662 habitants dont 77 enfants scolarisés. Une quatrième classe s’installe dans un bâtiment préfabriqué installé au Mollaret.

En 2008, la construction d’un bâtiment rural d’animation culturel au Mollaret en remplacement du « Préfa » inclura la cantine scolaire et les enfants n’auront plus à changer de quartier. … et pourtant !

En 2011, à l’occasion d’une réhabilitation de l’école, d’importants travaux de rénovation sont en cours, l’école est « éclatée» pour quelques mois, et la cantine est revenue à « la Chappe » !

 

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